Dès
le lendemain, il se présente à l'Écluse. Là, il fait la connaissance de
Liliane Benelli, la pianiste attitrée du
cabaret. On doit à Liliane quelques musiques pour Jean
Arnulf (Vivre ce temps, Paris l'hirondelle
) et Barbara (Ce
matin-là ), en 1963, et pour Jacques
Serizier sur son premier 45 tours, l'année suivante (Poubelle,
L'accordéon, Concubine,
La nature) .Serge a vingt et un ans,
Liliane dix de plus. C'est le coup de foudre, ils envisagent de se marier
en septembre 1965... À l'Écluse, Serge est engagé le 11 février 1964,
jour de sa majorité. Pour un cachet de 20 francs par jour, il chante dans
le spectacle de Barbara. « Tous les soirs,
raconte-t-il à Marc Chevalier (8),
je restais pour la regarder chanter, elle m'a
beaucoup appris. » En mars, il fait quelques galas. En
mai 1964, Serge Lama participe aux Relais de la Chanson Française,
concours organisé par L'Humanité Dimanche
et Nous les garçons et les filles
(le pendant communiste de Salut les copains
), sous le patronage de...Pepsi-Cola. Vainqueur des Relais, il se produit,
le 3 juin, avec d'autres, sur la grande scène de l'Alhambra-Maurice Chevalier,
accompagné par l'orchestre d'Henri Pelissier.
Un 25 cm « live » réunissant les finalistes ( François
Néry, Christian Bréaud, Jean
Pierre Huser, Daniel Prévost ) est
publié peu après. Lama y chante À quinze ans
et Le bouffon du roi. En
août 1964, Renée Lebas, qui l'a entendu
à l'Écluse, l'encourage et le pousse à enregistrer son premier disque
chez Bel-Air, le label dirigé par Nicole Barclay.
Ayant elle-même arrêté de chanter, la grande interprète des années 40
et 50 a créé sa propre maison de production : « Les productions Renée
Lebas ». Un super 45 tours voit le jour au mois d'octobre, quatre chansons
de Serge Lama, mises en musique par Jackie Bayard
(À quinze ans
et En ce temps-là), Guennet
( Le bouffon du roi ) et Cl.
Rolland ( C'était ma femme
). Sur ce disque préfacé par Renée Lebas,
Lama est accompagné par Emil Stern et son
orchestre. Renée Lebas demande à Serge Lama des chansons pour Régine,
chanteuse qu'elle produit aussi. Serge se laisse « cornaquer ». Il fréquente
l'établissement de la « reine de la nuit », et approche « le Tout-Paris
». « J'allais tous les soirs au Jimmy's,
raconte-t-il à Cécile Barthélemy. Je
me revois encore dans mon petit tricot, mal habillé. Je restais au bar,
je buvais à l'oeil et je regardais. Comme un bon écolier. Je découvrais
un autre monde et surtout, je fermais ma gueule ! » (9)
Vainqueur des Relais de la Chanson 64, Serge est engagé à Bobino, à partir
du 20 octobre, aux côtés de Barbara, en première partie du tour de chant
de Georges Brassens. « Il
n'y avait pas plus de trois lignes sur moi dans les journaux, mais elles
étaient bonnes. » |