A QUELLE HEURE
Serge Lama/Tony Stéfanidis


À quelle heure arrive le bateau ?
Mais monsieur il n'y a plus de bateau
À quelle arrive mon avion ?
Mais monsieur il n'y a plus d'avion
À quelle heure arrive le dernier train ?
Mais monsieur il n'y a plus de train.

À quelle heure arrivent les chevaux ?
Mais monsieur il n'y a plus de chevaux
À quelle heure arrivent les mulets ?
Mais monsieur il n'y a plus de sentier
À quelle heure arrivent les oiseaux ?
Mais monsieur le ciel est bien trop haut.

À quelle heure arrivent mes parents ?
Mais monsieur il n'y a plus de parents
À quelle heure arrivent mes amis ?
Mais monsieur il n'y a plus d'amis
À quelle heure arrive le Bon Dieu ?
Mais monsieur il n'y a plus de Bon Dieu.

À quelle heure arrive le bon vin ?
Mais monsieur il n'y a plus de raisins
À quelle heure l'oubli va m'emporter ?
Mais monsieur vous n'oublierai jamais
À quelle heure alors irais-je au ciel ?
Mais monsieur vous êtes éternel.....


AH !
Serge Lama
Refrain :

AH !elle en a brisé des coeurs,
AH !elle en a r'fusé des fleurs
des mots d'amour
dans son panier,
elle en a jeté par milliers.
AH ! elle en a brisé des coeurs,
AH ! elle en a r'fusé des fleurs
c'est d'ailleurs pour ça
qu'on l'a nomme
"mangeuse d'hommes".

Avec ses bijoux, ses perruques,
ou les cheveux bas sur la nuque,
avec sa mini, sa maxi,
le plus souvent en chemise de nuit
sans jamais faire la lessive ;
elle a mené une vie active
ses yeux de biches en disaient long
quand elle nous passait l'addition,
dans un rire.

au refrain

Puis, un jour, en prenant d'l'âge,
elle s'est astreinte au mariage,
elle le trompe un peu,
mais c'est bien, simplement
pour garder la main, si j'ose dire.

AH ! elle en a brisé des coeurs,
AH !elle en a r'fusé des fleurs,
des mots d'amour dans son panier,
elle en a jeté par milliers,
AH ! elle en a brisé des coeurs,
AH !elle en a r'fusé des fleurs,
c'est d'ailleurs pour ça
qu'on l'a nommé
"mangeuse d'hommes".


APRES L'AMOUR,COMME C'EST TRISTE
Serge Lama

Le jour se lève sur ce capharnaüm
sur ce qui reste et qu'on appelle un homme,
quand le désir abandonne nos coeurs,
le lit défait ressemble
au champ d'honneur.
le jour se lève
sur ce désastre heureux
sur ce qui reste et dit que l'on était deux.
Quand le plaisir abandonne nos bras
et c'est comme si l'amour n'existait pas,

APRES L'AMOUR, COMME C'EST TRISTE,
les mots d'amour et les habits,
traînent par terre,
plus rien n'existe, on reste tout seul
dans sa mélancolie.

APRES L'AMOUR, COMME C'EST TRISTE,
l'éternité tombe à genoux
sur des lambeaux, plus rien n'existe.
Ah ! comme c'est triste !
au coeur du petit jour,
quand on a fait l'amour.

Le jour se lève sur ce quai sans bateau
sur ce qui reste et que l'on croyait beau.
Quand l'océan s'est retiré au loin,
comme elle pleure, la femme du marin.

APRES L'AMOUR, COMME C'EST TRISTE,
les mots d'amour et les habits
traînent par terre,
plus rien n'existe.
On reste tout seul dans sa mélancolie.

APRES L'AMOUR, COMME C'EST TRISTE,
l'éternité tombe à genoux
sur des lambeaux, plus rien n'existe.
Ah ! comme c'est triste
au coeur du petit jour
quand on a fait l'amour.


AU CHILI COMME A PRAGUE
Serge Lama

AU CHILI COMME A PRAGUE

toujours la même vague
toujours les mêmes murs
bouchant le même azur,
au nom des mots en "ISME",
on torture et l'on tue,
dans un même lyrisme,
auquel hélas, on s'habitue.

AU CHILI COMME A PRAGUE,

toujours la même dague
toujours la même mort
et les mêmes remords
et toujours la jeunesse
en tête du troupeau
et la même vieillesse
pour hériter de son drapeau,
toujours les mêmes larmes
après les mêmes armes,

A PRAGUE OU AU CHILI

Toujours, la même nuit
et toujours la harangue
des prophètes sacrés
dont on coupe la langue
et qu'on réhabilite après,
et qu'on réhabilite après.
Au fond des mêmes tombes,
les mêmes hécatombes,
et les mêmes Jésus
qui meurent inaperçus
sur le même calvaire,
avec la même foi
et qu'on met sous la terre
dont qu'ils renaissent chaque fois
toujours les mêmes maîtres
et les mêmes sous-maîtres,
la même hiérarchie
pour le même gâchis
toujours l'unique spectre,
aux mains d'un seul tyran,
et les marches funèbres,
après les marches en avant,
toujours les mêmes gloires
et les mêmes victoires,
toujours la même teigne
succédant à l'été
les mêmes après guerres
où l'on croit de nouveau
que les hommes sont frères
en dehors du froid du tombeau.
Puis, après les charognes,
de nouveau les ivrognes
balancent entre deux rôts ,
dans les mêmes bistrots,
les mêmes conneries
avec le même aplomb
pour éblouir les filles
qui ne pensent qu'à leur pognon,

AU CHILI COMME A PRAGUE

toujours la même vague,
toujours la même nuit,

A PRAGUE OU AU CHILI


AVEC SIMPLICITE
Serge Lama/Richard Cocciante/G.Augier de Moussac

Tu m'as dit des mots d'amitié
L'amour s'est glissé en moi
Avec simplicité
De tout petits mots parfumés
D'oiseaux sont tombés du ciel
Avec simplicité
Je ne crierai plus au secours
Le chagrin d'hier tourne court
C'est toi qui l'as tué
Avec simplicité.

Et je sais très bien désormais
Pour qui j'ai envie de chanter
Tu me quittes une heure je suis mort
Je n'ai plus ni coeur ni corps
Je suis désenchanté
Par une ombre aux yeux de soleil
Qui a cambriolé peu à peu
Presque tout mon sommeil
Avec simplicité.

Il y a ton orage dans l'air
Il y a ton sourire sur la mer
Il y a ton éclair ton électricité
Je t'emporte dans ma chanson d'amour
Inventée pour toi
Avec simplicité
Mes copains rient de ma chanson
Mais moi mon copain c'est toi
Contre le monde entier
Qu'ils aillent à la fête sans moi
Car la seule fête pour moi
C'est seulement de t'aimer
Avec simplicité.

Car je sais très bien désormais
Pour qui j'ai besoin de chanter
Je n'existe plus quand tu sors
J'ai toute ma vie dehors
Je suis désenchanté
Par une ombre au coeur qui sommeille
Qui a cambriolé peu à peu
Presque tout mon soleil
Avec simplicité.
Il y a ton sourire doux-amer
Cette eau pure au coeur du désert
Il y a chaque nuit sur tes lèvres
Cette éventualité
Cette prison dorée
De ta simplicité.


BALLADE POUR UNE COLOMBE
Serge Lama/Jean Morlier


Elle a le duvet blanc et tiède des colombes
Si pâle qu'on dirait qu'elle sort de sa tombe
D'ailleurs vous voyez bien qu'elle ne sort que la nuit
Elle bouge des cils sans bouger les paupières
On dirait que Rodin l'a sculptée dans la pierre
Et qu'avec les années une source a jailli

Quoi! Vous pensez que je l'aime!
Non, je ne vous dirai rien
Quand on aime à ce point
On le garde pour soi
On aime à ce point
On est un hors-la-loi.

J'ai peur en lui disant tous les mots qui me hantent
De découvrir soudain qu'elle est bête ou méchante
Et que ses dents de lait cachent des dents de loup
J'aime mieux l'adorer comme un temple magique
Mais si vous me voyez certains soirs, nostalgique
Ne me demandez plus si je m'ennuie chez-vous.

Quoi! Vous pensez que je l'aime!
Non, je ne vous dirai rien
Quand on aime à ce point
On le garde pour soi
Même chez ses copains
On est un hors la loi.

Elle a le duvet blanc et tiède des colombes
Si pâle qu'on dirait qu'elle sort de sa tombe
D'ailleurs vous voyez bien je ne sors que la nuit.


BALLERINE
Serge Lama/Yves Gilbert


Ballerine, ballerine
Tu auras vécu ta vie sans tes chaussons
Sans musique, ballerine
Entre la chambre et le salon, ballerine
Tu auras passé ta vie à tricoter
Un fil d'Ariane un peu mité.

Ballerine, en sourdine
Tu n'auras dansé ta vie qu'un seul été
Taille fine, en bottines
Entraînée par ton cavalier
Dans un univers banlieusard
C'est dur de faire de grands écarts.

Ballerine, ballerine
Tu auras dansé ta vie sabots pointus
Anonyme, ballerine
Au fil de l'eau du temps perdu
Le Lac des Cygnes a bu ta vie
D'Ophélie.

Ballerine, sans vitrine
Tu te dis qu'au fond
C'était ça ton destin
Naphtaline et cuisine
Plutôt que les pointes sur Chopin
Au fond tu ne regrettes rien
Y'a même des soirs où tu es bien.

Ballerine, ma frangine
Certains soirs tu prends ta tête dans tes mains
Aspirine, mauvaise mine
Tu te couches et le docteur vient
Et le docteur il appelle ça
Crise de foie.

Ballerine, soeur chagrine
Je me dis qu'au fond je te ressemble un peu
Ballerine, ma copine
Vu qu'on ne fait jamais ce qu'on veut
Autant faire croire aux malheureux
Que l'on est heureux.

Alors danse en cadence
Mène-moi en vacances
Ballerine.

BORA-BORA
Serge Lama


L'espérance est une île
où les bateaux accostent
pour nous livrer l'amour,
un e-mail, un fax,
une lettre à la poste,
nous attendons toujours.
On a jeté l'orgueil
des livres dans l'azur
évitant les écueils,
on s'invente un futur.
BORA-BORA,
l'espérance et une île,
BORA-BORA,
magie noire et vaudou, BORA-BORA,
dans le ciel immobile
le soleil fait son trou,
dans ce monde sénile
où vieillir est tabou.
L'espérance est une île
où seuls les grands poètes
peuvent rester debout
bravant les interdits
autant que les tempêtes,
ils sont plus forts que tout.
Des cailloux du cahot
ils ont fait des colliers
où scintillent les mots
d'où l'espérance est née.
L'espérance est une île
et les îles me plaisent
où le regard se perd
au pied d'un pilotis
j'arrimerai ma chaise
et j'attendrai... la mer.
BORA-BORA,
l'espérance est une île,
BORA-BORA,
Magie noire et vaudou,
BORA-BORA,
dans l'écume indocile
dont le soleil se joue.
BORA-BORA,
l'espérance est une île,
BORA-BORA,
gardée par des gourous,
BORA-BORA,
dans le ciel immobile,
le soleil fait son trou,
dans ce monde sénile
où vieillir est tabou.


CHARIVARI
Serge Lama

REFRAIN :
quel CHARIVARIVARI,
quel CHARIVARIVARI,
quel CHARIVARIVARI,
la vie avec toi,
quel CHARIVARIVARI,
quel CHARIVARIVARI,
quel CHARIVARIVARI,
la vie avec toi.

Avant toi, j'ai connu Nicole
qui vivait dans ses casseroles,
elle briquait comme personne
l'argenterie et l'aluminium,
toujours coiffée d'un vieux chiffon
noué autour de son chignon,
tu parles d'un charivaron,

Refrain

Avant toi, j'ai connu Martine
qui n'aimait faire que la cuisine,
entre deux lièvres et trois perdreaux
j'avais grossi de vingt kilos,
quand je chantai mes chansons tristes,
on me prenait pour Pierre Doris,
tu parles d'un CHARIVARIS.

Refrain

Et depuis toi, il y a eu toi,
qui n'sait rien faire de tes dix doigts,
à part l'amour, mon joli coeur,
et encore, quand y'a l'ascenseur,
parce que les jours de pénurie,
tu restes à la conciergerie,
tu parles d'un CHARIVARI.

Refrain


CHATEAU EN RUINE
Serge Lama

Si tu savais la peine que j'ai
depuis qu'es v'nue me saccager,
tes ch'veux noirs comme une folie
qui m'enfunèbrent au fond du lit.

Si tu savais la peine que j'ai
depuis qu't'es v'nue me saccager
à cause de toi j'rai jamais vieux
mais j'vivrai jamais plus chez eux.

Château en ruine

Y'a plus d'rosiers
j'ai comm' des ronces dans l'gosier
y'a plus d'glycine.
J'écris ton nom au rouge à lèvres sur le mur
là où jadis y'avait des mûres et
des murmures.

Si tu savais la peine que j'ai
depuis qu'es v'nue me saccager
depuis qu't'as jeté aux orties
tout c'que j'aimais quand j'étais p'tit.

Si tu savais la peine que j'ai
depuis qu't'es v'nue me saccager,
depuis qu't'as fait à p'tits baisers
des trous neufs dans mon coeur usé.

Château en ruine

Y'a plus de clocher,
y'a plus d'église, t'as tout cassé,
t'as tout brisé,
t'as jeté la photo de ma mère
dans la mer
et j'ai rien dit, et j'ai rien dit, et j'ai rien dit.

Si tu savais la peine que j'ai
depuis qu't'es v'nue me saccager ;
et qu't'as éteint ton mégot
sur la toile de mes tableaux.


CHEZ MOI
Serge Lama/Alice Dona

Viens, laisse un peu tomber tes poupées
À ton âge il faut s'en aller
Je sais que tes parents sont très gentils
Mais eux, à ton âge, ils étaient partis.

Viens, je ne suis pas encore très vieux
J'ai la passion au fond des yeux
Et j'ai besoin d'un coeur tendre à aimer
Oh oui, j'ai besoin de te protéger.

J'ai tellement d'amour à te donner.

Chez moi, il y a des canapés où je bercerai, toutes tes poupées
Chez moi, je t'installerai le marché aux fleurs pour te parfumer
Chez moi t'auras des violons pendus au balcon pour te faire danser
Chez moi tu retrouveras tout ce que tu a si peur de quitter.

Viens, laisse un peu tomber tes poupées
Laisse tes livres et tes cahiers
La vie, tu sais, ça s'apprend au dehors
D'ailleurs, je sais que quelque fois tu sors.

Viens, j'ai peur que ton coeur prenne froid
J'ai peur qu'un jeune maladroit
Te fasse mal sans le vouloir vraiment
Oh oui, méfie-toi des jeunes amants.
Qui ont le coeur coupant comme un diamant.

Chez moi, les tigres sont morts, y'a un chat qui dort, un chien pas méchant
Chez moi, tu auras le choix entre aimer un roi ou bien un mendiant
Tu vois, mes ongles sont courts, je peux pas griffer même par amour
Chez moi, pour tes insomnies, même en pleine nuit, je ferai grand jour
Chez moi, y a des berceaux blancs, où tous nos enfants s'endorment déjà
Tu vois tout ce que tu veux, tout ce que tu as est déjà chez moi..


COMME ELLES ETAIENT BELLES
Serge Lama


C'était en mil neuf cent, je crois,
c'était en mil neuf cent déjà,
le temps des livres et du papier,
sous le regard désabusé
du professeur mal habillé,
faut pas y penser.
C'est en mil neuf cent, et bien oui,
c'est en mil neuf cent aujourd'hui,
quand on sort
on a mal au coeur,
on connaît les livres par coeur,
on est devenu professeur,
faut pas y penser.
COMME ELLES ETAIENT BELLES,
le coeur tendre
à nos coeurs mal famés,
ELLES ETAIENT SI BELLES
que le vent n'osait pas leur parler,
on allait vers elles,
on leur disait bonjour
en passant.
Elles étaient cruelles,
elles avaient quinze ans.
Voici venir la fin d'été,
les feuilles mortes sont tombées,
septembre est un mois familier.
Il pleut des larmes de rentrée,
dans le livre des écoliers,
faut pas y penser :
sept heures et demi
huit heures moins vingt,
l'odeur du café le matin,
des tâches d'encre sur les bancs,
le regard triste des enfants
qui rêvent déjà d'être grands,
faut pas y penser.
COMME ELLES ETAIENT BELLES,
le coeur tendre
à nos coeurs mal famés,
ELLES ETAIENT si BELLES
que nos coeurs n'osaient pas leur parler,
on allait vers elles,
on leur disait des vers en pleurant,
elles étaient cruelles,
elles avaient quinze ans,
quinze ans, y'a déjà longtemps.



D'AVENTURE EN AVENTURES

Serge Lama/Yves Gilbert


Bien sûr j'ai d'autres certitudes
J'ai d'autres habitudes
Et d'autres que toi sont venues
Les lèvres tendres les mains nues
Bien sûr
Bien sûr j'ai murmuré leur nom
J'ai caressé leur front
Et j'ai partagé leurs frissons.
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Je t'aime encore.

Bien sûr du soir au matin blême
Depuis j'ai dit je t'aime
Et d'autres que toi sont venues
Marquer leurs dents sur ma peau nue
Bien sûr
Bien sûr pour trouver le repos
J'ai caressé leur peau
Elles m'ont même trouvé beau.

Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Je t'aime encore.

Bien sûr j'ai joué de mes armes
J'ai joué de leurs larmes
Entre le bonsoir et l'adieu
Souvent pour rien, souvent par jeu
Bien sûr
Bien sûr j'ai redit à mi-voix
Tous les mots que pour toi
J'ai dit pour la première fois

Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Je t'aime encore.

Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Parce que je t'aime
Je t'aime encore
Je t'aime encore
Je t'aime encore.


DANS L'ESPACE
Serge Lama

Mes mains tremblent de joie
quand son piano s'anime,
une note, une rime
et la musique va
comme sur l'océan,
un vol de goélands,
aérienne,
souveraine,
la musique
la musique
prend son vol.

DANS L'ESPACE,
je te rejoins
dans l'espace,
là où l'amour
prend sa place
DANS L'ESPACE
de son concerto,
oui, DANS L'ESPACE,
je te rejoins,
dans l'immense
plénitude du silence,
là où dorment nos oiseaux.

Mon coeur s'enfle et je vois
tout ce peuple qui chante,
tandis qu'il me l'invente,
cette musique là,
comme vers le soleil,
une envolée d'abeilles,
aérienne souveraine,
la musique, sa musique
prend son vol,

DANS L'ESPACE,
je te rejoins,
DANS L'ESPACE
Là où l'amour prend sa place,
DANS L'ESPACE
de mon concerto, oui,
DANS L'ESPACE,
je te rejoins dans l'immense
plénitude du silence,
je t'emporte dans un char
tiré par mille oiseaux.


DEDOUBLEMENT DE PERSONNALITE
Serge Lama

Toi, tu n'es pas comme la vigne,
la vigne vierge de chez moi,
il faut bien que je me résigne
à partager mon lit en trois.
T'es pas plus mauvaise qu'une autre,
mais tu ne connais pas de loi :
il me faut accepter qu'un autre que moi
se vautre sous tes draps.
Quand on est tous les trois couchés,
je souffre par moment de ton
Dédoublement de personnalité.
Tu m'avais jeté à la face
qu'il y avait deux filles en toi
il faut bien que mon coeur se fasse
à la coexistence à trois ;
quand l'amour nous prend à la gorge
on accepte n'importe quoi,
mais, mais, mais, mais, mais
quand tu t'endors contre Georges
ça me tourmente malgré moi.
quand on est tous les trois couchés,
je souffre par moment de ton
Dédoublement de personnalité.
Chacun a sa façon sur terre
de parler d'amour, à mi-voix,
moi je suis contraint de me taire
quand il part et vice-versa.
si toi, t'es sûre d'être la mère
de l'enfant qui sommeille en toi,
nous, par contre l'on s'exaspère
à faire des règles de trois.
Quand on est tous les trois couchés.
Dédoublement de personnalité
Q'importe au fond, puisque l'on t'aime,
tous ces détails ne comptent pas,
ça nous arrange bien quand même
lorsque l'on veut sortir sans toi,
car dès qu'un de nous deux découche
il y en a toujours un qui est là,
toujours un qui colle à ta bouche,
lorsque l'autre ne rentre pas
et tant pis, si c'est un pêché
on se sert par moment
de ton
Dédoublement de personnalité


DEVENIR VIEUX
Serge Lama

Par un jour à fuir les églises
tout tremblotant de vapeurs grises,
un jour à enterrer les morts
à pas mettre un vivant dehors,
un jour à brûler les torchons,
un jour à nourrir les cochons,
quand on s'aperçoit tout à coup
que la première ride vient au cou,
ce matin, ce matin là,
j'en verrai une de vingt ans,
une qui montrera ses dents
et qui me fera ´ non ª
du bout des yeux.

Par un jour où le temps va vite,
le coeur déguisé en guérite,
à l'heure blême où sous les préaux,
les enfants ont de grands manteaux,
un jour où tous les escaliers
monteront mon coeur au grenier,
parmi les photos, les fauteuils,
les fautes de goût, les faux deuils,

Ce matin, ce matin là,
j'en verrai une de vingt ans,
une qui aura mis des gants,
mais qui me fera non
du bout des yeux.

Qui sait, par un matin peut-être,
où j'aurai peur de disparaître,
un matin où le coeur fait mal,
où les souvenirs font la malle,
un matin de trop d'habitudes
par un trop plein de solitude,
je m'en irai le dos voûté,
comme les pauvres et les curés,

Ce matin là, ce matin là,
j'en verrai une de vingt ans,
une qu'ils auront mis en blanc,
mais qui me fera ´ non ª
du bout des yeux,
et je deviendrai vieux...


DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
Serge Lama

DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
qui donne envie de chanter,
mi poème, mi cantique,
mi caresse, mi clarté.

DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
qui soit de chair et de soie,
DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
à moi,

Qui soit comme la femme
qu'on redoute mais qu'on attend,
qui soit comme la femme
qu'on aimera longtemps.

DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
qui agenouille les rois,
DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE,
à moi,

Qui soit comme la femme
qu'on défie, mais qu'on défend,
belle comme la femme
qui porte notre enfant.

DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
qui chante bien dans ma voix,
DONNEZ-MOI UNE MUSIQUE
à moi...


EDITH
Serge Lama

Ce que tu fus, moi, je m'en fous,
tu étais PIAF, un point c'est tout,
c'est çà, ta gloire
et parmi tes souffre-douleurs,
il y en a qui ont trouvé les leurs,
tu peux m'en croire,
EDITH, faut se faire une raison,
les gens sont pourris
jusqu'au fond,
jusqu'à la moelle,
aux lueurs de tes feux follets
ils viennent encore te voler
quelques étoiles,
ils viennent souper sur ta grève,
habillés comme des corbeaux,
ils vivent encore sur ton dos,
au Père Lachaise.

Depuis ta mort dans les journaux,
régulièrement ta photo
te ressuscite,
si tu es morte sans un sou
depuis tu en as fait beaucoup,
beaucoup plus vite.
Nul n'est jamais sûr de son sang,
mais toi t'es pas gâtée, bon sens,
par ta frangine.
C'est triste, mais ta demi soeur
n'a même pas la moitié d'un coeur
dans la poitrine ;
Elle s'est offert du Louis XVI
à ta santé, ta demi-soeur,
j'espère qu'elle te couvre de fleurs,
au Père Lachaise.
Comme Jeanne d'Arc
autrefois, tes amis entendent
ta voix qui les appelle.
Mieux que la vermine et le temps,
ils rongent ton âme en fouillant
dans tes poubelles,
et malgré tous ces chanteurs là,
qui ont mis ton coeur tant de fois
entre deux chaises,
près de ton boxeur
pour toujours,
tu files le parfait amour,
au Père Lachaise, au Père Lachaise.


ET PUIS ON S'APERCOIT...
Serge Lama

On arrive tout nu,
un matin au portique,
parmi tant d'étrangers,
on est un inconnu ;
on découvre la vie,
tout comme une Amérique ;
on a soif d'être vieux
avant d'avoir vécu,
ET PUIS... ON S'APERCOIT,
que partir, ça sert à rien,
ET PUIS... ON S'APERCOIT,
que de rester, ça sert à rien,
alors..., on reste,
alors..., on reste, n'importe où.
On se trouve un matin,
on est deux, face à face,
on se trouve un matin,
deux dans le même lit,
on découvre l'amour,
on lui cède la place,
mais il fait la valise
avant qu'on ai compris,
ET PUIS... ON S'APERCOIT
que d'être deux, ça sert à rien,
ET PUIS... ON S'APERCOIT
que d'être seul, ça sert à rien,
alors on fait, alors on fait,
n'importe quoi !
On rencontre un matin
quelqu'un qui nous ressemble
un qui est étranger
parmi ces étrangers,
on échange des mots
et quelques verres ensemble,
à cet instant, on croit
que la vie va changer,
ET PUIS... ON S'APERCOIT,
que de parler, ça sert à rien,
ET PUIS... ON S'APERCOIT
que de se taire, ça sert à rien,
alors, on dit, alors on dit,
n'importe quoi.
On se trouve, un matin
tout nu devant sa glace,
devant son ombre morte,
on est presqu'étranger,
on se retourne un peu,
mais le passé nous glace
et on s'étonne alors
d'avoir tellement changé,
ET PUIS... ON S'APERCOIT
que le passé, ça sert à rien,
ET PUIS... ON S'APERCOIT
que l'avenir, ça sert à rien,
alors, on meurt, alors, on meurt
n'importe quand !

FEMME ADIEU
Serge Lama


Je travaille à ma solitude,
j'aspire à l'épaisseur des pierres,
à la bure, à la toile rude,
la croix simple et le monastère,
des murs en crépi blancs et nus
pour apprivoiser la lumière,
et débusquer cet inconnu
que je suis, loin de vos litières

FEMME ADIEU,
FEMME ADIEU,
je suis tout à Dieu,
ADIEU...
Du silence sur du silence
et de la musique sacrée,
des plein chants, dont la résonance
aura l'écho de mon secret.
ai-je les qualités idoines
pour marcher en baisant les yeux ?
aurais-je un jour le moi du moine
au service du dernier Dieu ?

FEMME ADIEU,
FEMME ADIEU,
je t'aimais, désormais,
j'appartiens à Dieu.

J'ai la tentation du cloître,
j'ai la tentation de Dieu,
passer par la porte étroite,
juste en baissant les yeux,
par les allées de prières,
par les arbres plein d'oiseaux,
envahi par la lumière,
la lumière d'en haut.

FEMME ADIEU,
FEMME ADIEU,
je t'aimais, désormais, je te dis ADIEU,
FEMME ADIEU,
sache que désormais j'appartiens à Dieu.


FEMME FEMME FEMME
Serge Lama/Alice Dona

Et l'ami mets ton habit de fête
Ton coeur de paillettes
Et ton regard heureux
Ce soir je t'emmène
On va faire la fête
Tous les deux
La fête charnelle
Avec les plus belles
J'ai gagné le gros lot
Ce soir c'est la vie de château.

Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel
Femme, femme, femme, fais-nous du soleil
Femme, femme, femme, rends-nous les ballons
Les ballons rouges et ronds de notre enfance
Femme, femme, femme, fais-nous voir l'amour
Femme, femme, femme, sous son meilleur jour
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum.

Et l'ami ce soir c'est la bourrasque
Je t'achète un masque
Et une chemise en soie
Ce soir je t'emmène
Sors tes grands je t'aime
De galas
Paris s'illumine
Comme une vitrine
De Trenet, de Chevalier
Ce soir on est les héritiers.

Femme, femme, femme, n'aie pas peur de nous
Femme, femme, femme, on n'est pas voyous
Femme, femme, femme, choisis ton endroit
Nous, on s'y connaît pas, on t'fait confiance
Femme, femme, femme, on n'est qu'deux amis
Femme, femme, femme, qui s'payent un sam'di
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Femme, femme, femme, fais-nous robe du soir
Femme, femme, femme, champagne et caviar
Femme, femme, femme, ce soir c'est férié
On n'va pas regarder à la dépense
Femme, femme, femme, fais-nous confetti
Alcazar et tutti quanti
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum.

Femme, femme, femme, fais-nous marengo
Luna-parc et Monte-Carlo
Femme, femme, femme, fais-nous genre Zizi
Au casino de Paris quand elle danse
Femme, femme, femme, fais-nous langoureux
Du spécial et du larmes aux yeux
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, boum.


GAMINE BONBON
Serge Lama/Tony Stéfanidis

Seize ans et demi, mèches assassines
Moitié blonde et moitié rouquine
Moitié blue jean
Elle vit dans le bleu des magazines
Californie elle s'imagine
Dans sa piscine
Cette gamine.

Quelque chose en elle de libre et d'enfermé
Quelque chose en elle d'éteint et d'allumé
Gamine, gamine, gamine bonbon
Et boule de gomme
Va d'homme en homme
Et c'est pas bon.

Seize ans et demi, prénom Christine
Dans les discos, les bistrots in
Elle s'acoquine
Avec n'importe qui sans remords
Juste pour pas coucher dehors
Fluxion de poitrine
Sacrée gamine.

Quelque chose en elle de tout noir et de clair
Quelque chose en elle de nuage et d'éclair
Gamine, gamine, gamine bonbon
T'as que ton chewing-gum
Va d'homme en homme
Et c'est pas bon.
Tu rêves d'un prince, d'un vrai bijou, d'un diam'
De toute une province qui t'appellerait Madame
Gamine, gamine, gamine bonbon
Fais le maximum
Va d'homme en homme
Et c'est pas bon.

Seize ans et demi, foutue gamine
Ma fille pourrait être sa copine
Et tu devines
Que ça m'inquièterait un peu d'la voir
Salut, Papa! sortir le soir
En crêpe de Chine
Avec cette gamine.

Quelque chose en moi qui me ferait chanter
Une chanson d'espoir un peu désenchantée
Gamine, gamine, gamine bonbon
Croque toutes les pommes
Va d'homme en homme
Et trouve le bon.

Gamine bonbon
Mais trouve le bon
Gamine bonbon
Mais trouve le bon
Gamine bonbon
Gamine, gamine
Gamine bonbon.


JE NE VEUX PAS PARLER
Serge Lama

De cette part de cris que
taisent les murmures,
de cette part de boue
que cachent les ramures
JE NE VEUX PAS PARLER.
De cette part de rouille
en dessous l'or des grilles
de cette part qui ment
dans mes serments
aux filles,
JE NE VEUX PAS PARLER.
Je veux parler d'amour,
je veux parler d'espoir,
dans les champs alentours
j'ai brisé les miroirs.
Les alouettes volent
et le ciel n'est plus noir,
quand on tue les paroles,
quand on tue les paroles.
De cette part de bruit que
cache la musique,
cette part de Russie
qui ronge l'Amérique,
JE NE VEUX PAS PARLER.
De ce squelette en pleurs
que le soleil maquille,
de cette part de coeur que nous
mangeons aux filles,
JE NE VEUX PAS PARLER.
Je veux parler d'amour,
je veux parler d'espoir,
laver le petit jour
de l'adieu des mouchoirs,
quand les avions décollent,
non, le ciel n'est plus noir,
quand on tue les paroles,
quand on tue les paroles,.
JE NE VEUX PAS PARLER,
Je suis né pour me taire
et pour faire rêver
les âmes solitaires
et pour les consoler
de la douleur profonde
d'être venus au monde
et de n'avoir personne à qui parler.


JE SUIS MALADE
Serge Lama/Alice Dona

Je ne rêve plus
Je ne fume plus
Je n'ai même plus d'histoire
Je suis seul sans toi
Je suis laid sans toi
Je suis comme un orphelin
Dans un dortoir.
Je n'ai plus envie
De vivre ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n'ai plus de vie
Et même mon lit
Se transforme en quai de gare
Quand tu t'en vas.

Je suis malade, complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir
Je suis malade, parfaitement malade
T'arrives, on ne sait jamais quand
Tu r'pars, on ne sait jamais où
Et ça va faire bientôt deux ans que tu t'en fous.

Comme à un rocher
Comme à un péché
Je suis accroché à toi
Je suis fatigué
Je suis épuisé
De faire semblant d'être heureux
Quand ils sont là.
Je bois toutes les nuits
Mais tous les whiskys
Pour moi ont le même goût
Et tous les bateaux
Portent ton drapeau
Je ne sais plus où aller
Tu es partout.

Je suis malade, complètement malade
Je verse mon sang dans ton corps
Et je suis comme un oiseau mort quand toi tu dors
Je suis malade, parfaitement malade
Tu m'as privé de tous mes chants
Tu m'as vidé de tous mes mots
Pourtant moi, j'avais du talent avant ta peau.

Cet amour me tue
Si ça continue
Je crèverai seul avec moi
Près de ma radio
Comme un gosse idiot
Ecoutant ma propre voix
Qui chantera

Je suis malade, complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir
Je suis malade, c'est ça, je suis malade
Tu m'as privé de tous mes chants
Tu m'as vidé de tous mes mots
Et j'ai le coeur complètement malade
Cerné de barricades
T'entends
Je suis malade


JE SUIS NOSTALGIQUE
Serge Lama

REFRAIN :
JE SUIS NOSTALGIQUE
depuis le sortir de ma mère
JE SUIS NOSTALGIQUE
je voudrais retourner à la mer
ma seule musique
ma seule et unique mémoire.
JE SUIS NOSTALGIQUE
depuis qu'j'ai ouvert les paupières,
JE SUIS NOSTALGIQUE
de quelqu'un que j'ai laissé derrière
je sens sa présence
quand je me mire dans ce miroir.

Quel est ce poids qui me poisse ?
quel est ce moi qui m'angoisse ?
j'étais mâle, j'étais femelle,
j'étais Il et j'étais Elle,
oui, j'étais mâle et femelle
du temps où j'avais des ailes

JE SUIS NOSTALGIQUE
d'une frénésie de couleurs
JE SUIS NOSTALGIQUE
de l'incandescente douceur
du reflet rutilant
qui brille au bout de l'entonnoir.
JE SUIS NOSTALGIQUE
D'un pays qui n'est pas sur terre,
JE SUIS NOSTALGIQUE
d'un pays qui n'est pas sur terre,
d'un diamant qui dort dans l'éther.
Des visions me hantent
quand la lune aimante
le soir JE SUIS NOSTALGIQUE
JE SUIS NOSTALGIQUE

au REFRAIN


JE SUIS UN HOMME
Serge Lama

Je fais partie de ces gens un peu veules
de ces gens qui
n'font jamais c'qu'ils veulent,
j'fais partie de ces gens un peu lâches
qui vous aiment bien,
mais qui vous lâchent.
J'fais partie de ces gens qui causent,
qui vont jamais au bout des choses,
ni en amour, ni en affaire.
Je suis un menteur
vraiment sincère.

REFRAIN :
J'entreprends tout,
mais j'finis rien,
j'écris ´ je t'aime ª
et puis je gomme,
je crois en tout,
mais j'crois en rien,
mes chemins n'arrivent
jamais à Rome.
JE SUIS UN HOMME,
JE SUIS UN HOMME,
JE SUIS UN HOMME,
JE SUIS UN HOMME.

Je suis mon ennemi intime,
velléitaire, pusillanime,
influençable et sûr de moi ;
je fais tout le contraire
de ce qu'on croit.

Quand j'entends hurler à la lune
les bergers allemands des tribunes
je me demande comment ils font
pour être si sûrs d'avoir raison.

au REFRAIN (bis)


JE T'AIME
Serge Lama/Yves Gilbert

Une tache d'été qui rit sur la théière
Une tranche de pain où le beurre a fondu
Respirer sur ta joue ton souffle et ta lumière
Marcher sur un trottoir, rêver... rêver... rêver
de prendre un train.

Et cette déchirure au matin de mon ventre
Et nos corps épuisés qui s'ébrouent dans leur bain
Et lorsque je t'étreins et lorsque je t'éventre
Et lorsque tu me tues et lorsque tu me tiens.

Envie de me jeter cent fois par la fenêtre
Par celle de tes yeux, par celle de ton corps
Lire et relire encore cent fois la même lettre
Te dire que je t'aime et te le redire encore.

Que je t'aime, mieux que ça, je t'aime
C'est mon cri, c'est mon anathème
Et je te l'aboierai longtemps
Jusqu'après le dernier volcan.

Je t'aime, t'aime t'aime tendre
Je t'aime la pluie et la cendre
Je t'aime la braise et le vent.
Je t'aime comme les baleines
Aiment l'homme qui les entraîne
Vers le harpon qui les attend.

Je t'aime à graver sur ta tombe
Des mots comme des trous de bombe
À faire éclater le ciment
De tous les bunkers des allemands.

Je t'aime, mieux que ça, je t'aime
Si la pluie manque à mes fontaines
Quitte à mourir en le chantant
Je l'écrirai avec mon sang.

Que je t'aime, mieux que ça, je t'aime
Plus qu'un cri, c'est presqu'un blasphème
C'est Dieu qui couche avec Satan
Dans le lit de la nuit des temps
Quand je t'aime,
Je t'aime
Je t'aime.


JE T'AIME A LA FOLIE
Serge Lama/Yves Gilbert

Aussitôt que l'on chante
C'est déjà qu'il fait beau
Tous les mots qu'on invente
On les vole aux oiseaux
C'est déjà que l'on pense
Au début de sa vie
Que ce sera jamais jamais jamais fini.
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie la vie

Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie la vie

Aussitôt que l'on rêve
C'est déjà qu'on est deux
Aussitôt qu'on en crève
C'est qu'on est amoureux
C'est déjà que l'on pense
Avec mélancolie
Que ce sera bientôt bientôt bientôt fini.

Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie la vie

Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie
Je t'aime à la folie, je t'aime à la folie la vie...


JE VOUDRAIS TANT QUE TU SOIS LA
Serge Lama/Yves Gilbert

Je voudrais tant que tu sois là
Pour te dire ma solitude
Pour te dire ma lassitude
De te savoir si loin de moi.

Je voudrais tant que tu sois là
Pour te dire mon espérance
Et le prix que je paie d'avance
De t'avoir un jour toute à moi.

Dans mon désert y'a pas de fleurs
Pas d'oasis et pas de vent
Et si tu venais plus souvent
Ça ferait du bien à mon coeur
Mon pauvre coeur.

Je voudrais tant que tu sois là
Pour réveiller mes fleurs éteintes
Ton absence comme une plainte
Vient toujours me parler de toi.

Je voudrais tant que tu sois là
A l'heure o les nuages passent
Tu élargirais mon espace
Rien qu'à te blottir contre moi.

Dans mon désert y'a pas de fleurs
Pas d'oasis et pas de vent
Et si tu venais plus souvent
Tu comprendrais pourquoi j'ai peur
Parce que j'ai peur.

Je voudrais tant que tu sois là
Pour mettre du rouge à mes roses
Et pour que serve à quelque chose
Ces mots que je pleure à mi-voix.

Je voudrais tant que tu sois là
Pour partager la chambre close
Où mon avenir se repose
En attendant que tu sois là.

Et dans cet univers borné
Où tout est vide et décevant
Je pourrais me sentir vivant
Près de toi pour qui je suis né
Toi qui ne m'aime pas assez.


L'AMITIE, C'EST QUAND ON N'A PAS D'FILLE
Serge Lama

L'amitie, c'est quand on n'a pas d'fille
et qu'on en veut aux amoureux.
L'amitié, c'est quand on perd ses billes
Et comme il est trop grand le lit
On va dehors pour se le faire plus petit.

Alors on sort avec
tous les paumés, tous les pauv'mecs
tous les vaincus du passionnel
tous les cocus professionnels.

On s'fait des copains qu'on n'aim'pas
on ferme tous les bars tabac
on s'arrache la peau du coeur,
Paris s'éveille, il est cinq heures.

Dehors, vapeurs, cambouis
on a le coeur qui fuit.

L'amitie, c'est quand on n'a pas d'fille
et qu'on en veut aux gens heureux.
L'amitié, c'est quand c'est l'noir qui brille
et comme il est trop plein le coeur
on l'met dehors
pour faire le vide à l'intérieur.

Alors on traîne avec
la vestiaire de la discothèque,
au bout du troisième whisky
on rentre avec le travesti.

On s'fait des nuits blanches salies,
on prend des risques,
on s'dit tant pis,
on s'dit tant mieux,
même si j'en meurs
j'aurai plus jamais mal au coeur.

Alors, vapeurs, alcool,
on a le coeur qui colle.

C'est pitié, tant d'amour en guenilles,
Car, l'amitié, la seule, la vraie,
ça s'appelait nous...quand tu m'aimais.


L'AMOUR AVEC ELLE
Serge Lama

J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et depuis lors je sais qu'elle
est la seule qu'il me faut.
J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et j'en garde des séquelles
aux quatre coins de ma peau.
Est-ce un amour providentiel,
est-ce un coup fourré du ciel
qui me provoque à nouveau,
c'est si chaud, c'est si sensuel,
L'AMOUR AVEC ELLE.

J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et depuis lors je sais qu'elle
est la seule qu'il me faut.
J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et j'en garde les séquelles
aux quatre coins de ma peau.
C'est la gouache sous l'aquarelle,
l'archet sur le violoncelle,
le calme sous le tempo,
c'est si doux, c'est si naturel,
L'AMOUR AVEC ELLE.

J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et depuis lors je sais qu'elle
est la seule qu'il me faut.
J'ai refait L'AMOUR AVEC ELLE
et j'en garde les séquelles
aux quatre coins de ma peau.
J'étais comme un oiseau sans ailes
durant ces années sans elle
je me suis senti en trop,
alors, j'ai refait de plus belle
L'AMOUR AVEC ELLE.

Un aéroport, une étreinte
et ses bracelets qui tintent
au rendez-vous de nos mains,
son visage qui s'écarlate
et ses yeux noirs où éclate
une fleur jaune soudain.
Il a suffit d'une étincelle
pour réveiller les vieilles nuits
et le champagne qui ruisselle
et nos corps qui chancellent
et la fin de l'ennui.
J'AI REFAIT L'AMOUR AVEC ELLE
et depuis lors je sais qu'elle
est la seule qu'il me faut
J'AI REFAIT L'AMOUR AVEC ELLE
et j'en garde les séquelles
aux quatre coins de ma peau.
L'amour est quelquefois cruel
mais je sais que ce duel
avec elle est un duo,
c'est l'essence de l'essentiel,
L'AMOUR AVEC ELLE.


L'AMOUR, L'AMOUR,
Serge Lama

De bec de gare, en bec de gare,
on s'est aimé comme des chiens,
sans même l'ombre d'une phrase,
sans même l'ombre d'un chagrin,
c'est-y-pas vrai.
On n'était pas du genre qui cause,
j'aimais tes reins,
j'aimais tes seins,
les mots d'amour viennent moroses,
quand l'amour ne sert plus à rien,
c'est-y-pas vrai,
L'AMOUR, L'AMOUR, l'AMOUR,
L'AMOUR, L'AMOUR tout cru,
L'AMOUR toujours.

Je t'aime à en crever,
je t'aime à me lever,
à me lever la nuit,
pour te faire L'AMOUR, L'AMOUR.

De bec de gare en bec de gare
je titubais
jusqu'à chez toi,
je bousculais tout au passage,
j'étais pressé d'être à toi,
C'est-y-pas vrai,
A la fois rebelle et soumise,
sous mes doigts
comme un flamenco,
je sentais bondir ta chemise,
tu frémissais comme un taureau,
c'est-y-pas vrai,
L'AMOUR, L'AMOUR, L'AMOUR
L'AMOUR, L'AMOUR tout cru,
L'AMOUR tout court,
Je t'aime à en crever,
je t'aime à me lever,
à me lever la nuit, pour te faire
L'AMOUR, L'AMOUR,
L'AMOUR, L'AMOUR
L'AMOUR, L'AMOUR tout cru, L'AMOUR tout court,
je t'aime à en crever,
je t'aime à en crever.


L'ENFANT AU PIANO
Serge Lama/Yves Gilbert

Les yeux levés au ciel
Vers le Père éternel
L'enfant au coeur bien gros
Joue du piano.

Sa maman est partie
Dormir au paradis
Les yeux perdus au ciel
Il joue pour elle.

Les anges dans le ciel
Font frissonner leurs ailes
Pour mieux accompagner
Sa mélodie.

Les yeux levés au ciel
Vers le Père éternel
L'enfant au coeur bien gros
Joue du piano.